Qui contrôle les infrastructures de l'IA contrôle le futur. Une enquête sans concession sur les dépendances technologiques qui façonnent silencieusement nos sociétés.
Les responsables politiques européens prononcent le mot "souveraineté" comme un talisman. Ils le glissent dans chaque discours sur le numérique, chaque plan de relance industrielle, chaque communiqué consacré à l'intelligence artificielle. La souveraineté numérique est devenue l'horizon indépassable de la modernité politique. La réponse commode à toutes les questions que personne ne pose vraiment.
Pendant ce temps, les faits s'accumulent avec une obstination décourageante. Les données de santé de millions de Français transitent par des serveurs américains. Les modèles de langage qui restructurent le travail des avocats, des médecins et des journalistes ont été entraînés à San Francisco ou à Pékin. Les semi-conducteurs qui font tourner cette IA sont fabriqués à Taïwan, sur des équipements néerlandais, avec des logiciels de conception américains.
Ce livre n'est pas un procès, ni un manuel de géopolitique supplémentaire. C'est une tentative de regarder en face ce que "souveraineté numérique" veut dire, ou plutôt ce qu'il ne veut plus dire, quand on le confronte à la réalité des infrastructures, des modèles économiques et des rapports de force qui gouvernent l'IA en 2026.